Le non-écrit et l’implicite dans les sources de musique notée : restitution, édition, interprétation, extrapolations - Entretiens sur la musique ancienne en Sorbonne, 16e édition

Lieu: 

. le jeudi 6 juin au centre universitaire Clignancourt : 2 rue Francis de Croisset, 75018 Paris - salle 117
. le vendredi 7 juin en Sorbonne : 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris - salle André Pirro (J326) ; accès par l'escalier G, 3e étage
Concerts au centre Clignancourt le jeudi à 12h30 (musique baroque) et à l'église de Saint-Etienne-du Mont le vendredi à 13h (musique médiévale) par nos étudiantes et étudiants.

. Important : Les personnes éxtérieures à Sorbonne Université qui souhaitent y assister doivent obligatoirement s'insrire au plus tard le mercredi 5 juin à 12h, sur ce lien. Votre nom vous sera demandé à l'entrée des sites.
Programme: 

Organisé conjointement par l'IReMus, Sorbonne Université et l'UFR de Musique et Musicologie et l'Association Musique Ancienne en Sorbonne
Argument 
Toutes les notations musicales s’adressent à des lecteurs avertis des codes de lecture correspondants. Au-delà des signes graphiques, de nombreux éléments implicites et non-écrits sont exigés pour pouvoir faire de la musique à partir d’une source notée (jouer la « partition »), étant donné qu’en général le copiste ou l’auteur ne prend pas la peine de préciser ce qui va de soi au moment et au contexte donnés, et qui n’a pas forcement vocation d’aller de soi pour le commentateur et l’interprète d’aujourd’hui. Les notations musicales anciennes sont en général relativement « ouvertes », et permettent à l’interprète d’adapter l’œuvre au contexte de son exécution. Autrement dit, l’opposition entre écrit et non-écrit ne recouvre pas les questions soulevées par deux autres dualités contradictoires que sont l’objectivité et la subjectivité interprétatives, ni ce qui est fixé a priori versus l’improvisé.
 À partir de ces observations très générales, les questions qui s’ouvrent sont nombreuses :

  • polyvalence potentielle de la source musicale, instrumentations ouvertes ;
  • déductions d’effectif à partir de sources complémentaires (iconographie, chroniques, cérémoniaux, etc.) ;
  • pratiques d’appropriation de répertoires, transcriptions, réductions, etc. ;
  • enjeux interprétatifs des sources divergentes (avec ou sans ornements, avec basse chiffrée ou pas, additions manuscrites sur les sources anciennes, etc.) ;
  • intérêt et limites de l’extrapolation des prescriptions données par les traités et méthodes ;
  • penser la « matière sonore » de la musique ancienne : apport sur l’interprétation des connaissances en matière de conditions et espaces de jeu, histoire de l’écoute ;
  • application de règles intuitives et des pratiques implicites (néanmoins respectées), « licences » exceptionnelles et « routines » habituelles ; pratiques empiriques et/ou intuitives théorisées (parfois) a posteriori (rhétorique musicale, théorie de la basse fondamentale).

 Ce thème invite donc à étudier et commenter la façon dont peut être géré l’espace de liberté de l’interprète face à la source écrite dans les restitutions proposées en musique ancienne historiquement informée.

Comité scientifique : Catherine Deutsch, Jean-Christophe Frisch, Raphaëlle Legrand, Katarina Livljanić, Théodora Psychoyou et Anna Schivazappa

Programme

Jeudi 6 Juin 2019
Lieu : Centre Clignancourt (2 rue Francis de Croisset, 75018) – salle 117
10.00 – Accueil et introduction
10.30 – Pierre Pascal : Mystères de la partition instrumentale : verrouillage de l’art des virtuoses ?
11.00 – Louise Condi : Le cas du nyckelharpa et de la musique traditionnelle suédoise notée, graphie lacunaire et présupposé culturel
11.30 – Benoît Haug : Petite anatomie du squelette de la performance musicale – pour reconsidérer la résurrection de la chair dont procèdent les musiques à l’ancienne
12.00 – pause
12.30 – Concert Camerata baroque (Licence) et Master d’interprétation des musiques anciennes : musique baroque (dir. Jean-Christphe Frisch, assistante Zdenka Ostadalova, Marc Mauillon direction vocale pour les MIMA)
 . pause déjeuner
14.30 – Lars Johansen : Interpréter les Leçons de Ténèbres de Charpentier
15.00 – Matthieu Franchin : L’apport des archives de la Comédie-Française pour l’interprétation du répertoire de la musique de scène au temps de Louis XIV
15.30 – Anna Schivazappa : « Per mandolino e cimbalo » : l’interprétation des sonates de Scarlatti à la mandoline à Paris au xviiie siècle
16.00 – pause
16.30 – Martin Bauer et Adrien Alix : Réaliser la basse continue à la viole de gambe
17.00 – Evangelia Kopsalidou : Le port de voix dans des traités et des œuvres françaises pour viole de gambe au XVIIe et XVIIIe siècles
17.30 – Jonathan Dunford et Sylvia Abramowicz : Marin Marais et le non-dit
 
Vendredi 7 juin 2019
Lieu : Sorbonne (17 rue de la Sorbonne) – salle André Pirro (J326)
10.00 – Georgios Theocharous : Byzantine [read ‘Cypriot’?] musical influences in the Torino Codex
10.30 – Cécile Beaupain : Établir de la musica ficta : les implicites de la levée d’un implicite
11.00 – pause 
11.15 – Anne Ibos-Augé : Que nous apprend la lyrique non notée ? L’exemple du Livre d’amoretes
11.45 – Guillaume Bunel : Canons énigmatiques, canons explicatifs : l’art de la dissimulation dans les sources des œuvres de Josquin Desprez
12.15 – départ pour l’église de Saint Etienne du Mont
13.00 – Concert Master d’interprétation des musiques anciennes : musique médiévale (dir. Katarina Livljanić et Marc Mauillon)
 . pause déjeuner
15.00 – Stéphane Fuget : De la déclamation dans le récit (avec Ayako Yukawa et Pierre Rinderknecht)
15.30 – Riadh Mtirawi : L’agrémentation en France à l’époque de Jean-Philippe Rameau : étude comparative entre l’art du chant de Bérard et les parties séparées destinées aux acteurs et actrices chantant dans les Talents lyriques
16.00 – Francesca Mignogna : Les musiques pour la liturgie des morts de Pierre-Louis Pollio (1724-1796) : le non-écrit face aux enjeux de l’édition moderne
16.30 – Konstantinos Alevizos : Un anonyme du fonds « Brillon » récupère son identité : le Duo de Michel Paul Guy de Chabanon
17.00 – conclusions et discussion finale

 

Fait partie du programme de recherche: 

Tutelles

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Salle 312 et 313
28, rue Serpente 75006 PARIS
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