5e Séance Séminaire Compositeurs reconnus et non reconnus entre 1890 et 1940

ven 9 juin 2017
17h30-19h30
Lieu: 

BnF-Musique • Salle IReMus (1er étage)
2, rue de Louvois, 75002 - Paris
 

Programme: 

5e Séance

Séminaire « Compositeurs reconnus et non reconnus entre 1890 et 1940 »

Approches socio-musicologiques du phénomène de la « reconnaissance » dans le monde musical de la belle-époque aux années folles

animé par Raffaele D’Eredità et Alexandre Robert
 

Programme

17h20 Accueil des invités

17h30 Introduction et présentation : Raffaele D’Eredità, Alexandre Robert

17h45 De la connaissance à la reconnaissance : les premiers canons du jazz en France (1918-1940)

          Intervenant : Martin Guerpin  (Docteur de l’Université Paris-Sorbonne • ATER, Université d’Evry-Val d’Essonne)

Pause

18h45 Table ronde

19h30 Mot de conclusion : Raffaele D’Eredità, Alexandre Robert
 

 

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De la connaissance à la reconnaissance : les premiers canons du jazz en France (1918-1940)

Intervenant : Martin Guerpin, Docteur de l’Université Paris-Sorbonne ATER, Université d’Evry-Val d’Essonne

Dès son arrivée en France, à la fin de l’année 1917, le jazz connaît un succès retentissant dans les dancings, à Paris, en Province et dans les casinos des stations balnéaires. Cette vogue immédiate ne coïncide pas avec la légitimation artistique de cette musique. Il faudra attendre le milieu des années 1920 pour qu’une partie du monde musical savant accorde au jazz le statut de genre musical à part entière. Ce processus va de pair avec la diffusion en France de répertoires plus élaborés : ceux qualifiés de « jazz symphonique ». C’est alors Paul Whiteman et Jack Hylton, chefs de jazz- bands au succès commercial éclatant en Amérique et en Europe, qui dominent un canon du jazz formé selon les critères de la musique savante. L’année 1930 marque le début d’un basculement. La diffusion de nouveaux enregistrements de jazz s’articule avec l’émergence d’une nouvelle génération de critiques spécialisés dont la trajectoire diffère de celle de leurs aînés. Venus à la musique par le jazz, ceux-ci mettent en avant une différence de nature entre le jazz et la musique de tradition écrite et produisent des savoirs nouveaux. C’est en leur nom qu’est institué un canon dominé par Louis Armstrong et Duke Ellington, qui renverse le précédent. Ce nouveau canon finit par s’imposer grâce aux efforts d’un noyau dur d’intermédiaires qui, en créant une revue, un réseau de clubs d’amateurs, un réseau d’organisation de concerts et un label discographique, parviennent à lui donner une grande visibilité.
À travers l’exemple du jazz, cette communication sera l’occasion d’examiner la manière dont des canons musicaux peuvent se reconfigurer au gré du jeu complexe des intérêts individuels, des valeurs esthétiques et culturelles, des institutions et des intermédiaires de diffusion de la musique. Elle permettra enfin d’interroger le lien entre la reconnaissance de figures musicales et celle que recherchent ceux qui les promeuvent.

Martin Guerpin est ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm et du CNSM de Paris. Agrégé de musique et ATER à l’Université d’Évry-Val d’Essonne, sa thèse de doctorat, intitulée « Enjeux esthétiques et culturels des appropriations du jazz dans le monde musical savant parisien (1900-1939) » est en cours de publication aux éditions Vrin. Il prépare également une anthologie des textes francophones sur le jazz dans les années 1920 (éditions Outre Mesure). Ses travaux ont notamment été publiés dans la Revue de Musicologie, la Revue musicale OICRM, les Cahiers de la SQRM, les Cahier du jazz et la Revue d’histoire du théâtre. Il coordonne actuellement le projet de recherche international « Musique et Nation ». Saxophoniste, il a fait partie du quartet Vaïbz et du Gil Evans Paris Workshop, avec lequel il a remporté le prix « Jazz Magazine du meilleur concert français en 2014 » et un « Choc » Jazz Magazine/Jazzman (Spoonful, 2017). 

Genre: 

Tutelles

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