Les échanges artistiques entre la France et la Russie aux XIXème et XXème siècles : le théâtre musical.

mar 8 nov 2016
9h-12h ; 13h30-16h30
Responsable:
Responsable(s) extérieur(s) à l'équipe:
Pascale MELANI, professeur en études slaves à l'Université de Bordeaux-Montaigne + réseau MLADA de l’EA CLARE-ARTES à la MSHA.
Lieu: 

Bordeaux : Maisons des Sciences Humaines d'Aquitaine.

Programme: 

Conditions sociales, économiques et politiques de l’émigration des artistes français en Russie et des artistes russes en France aux 19ème et 20èmes siècles.
Introduction par Sylvie Mamy Dans cette première séance du séminaire nous évoquerons les conditions particulières du voyage des artistes (Français en Russie, Russes en France) et des œuvres entre les frontières, entre France et Russie, et vice-versa ; les conditions d’intégration artistique, sociale et économique des artistes dans les pays d’accueil. Depuis le Moyen Âge, à la Renaissance puis à l’époque baroque, les artistes ont toujours voyagé, franchi les frontières, et fait entendre leurs œuvres d’un pays à l’autre. Plusieurs questions pourront être évoquées au cours de leurs présentations par Elena Vorobeva Sauvanet et Irina Akimova : les motivations des départs (recherche de débouchés professionnels à l’étranger, exils politiques…) ; conditions des voyages (individuels ou en troupes constituées à partir du pays d’origine) ; itinéraires suivis par les troupes et les individus entre pays de départ et pays d’accueil ; emplois offerts aux artistes dans le pays et les villes d’accueil : théâtres privés, mécènes, cours, aristocratie et bourgeoisie locales, théâtres d’Etat, salons particuliers des compatriotes établis dans le pays d’accueil ; oeuvres représentées ; conditions d’adaptation des oeuvres étrangères dans le pays d’accueil : dédicaces des livrets à des personnalités locales ; traductions, censure, remaniement des livrets et des partitions. Une question importante est la réception des spectacles étrangers dans le public local (commentaires des chroniqueurs locaux, de la presse locale…). Quelles furent les influences reçues et exercées dans le pays d’accueil ; quelle était la vie des artistes dans les pays d’accueil : intégration définitive (mariages, enfants…) ou existence en marge de la population autochtone. Les artistes ont-ils intégré des troupes constituées sur place, ou bien ont-ils voyagé en troupe déjà constituée dans le pays de départ. Nous verrons aussi quel fut le destin des artistes étrangers au terme de la saison théâtrale ou musicale : sont-ils restés sur place, ont-ils voyagé ensuite vers d’autres villes, pays, ou bien sont-ils retournés dans leur propre pays… Nous évoquerons encore les difficultés liées à ce type de recherche qui fait le grand écart entre deux cultures différentes : questions de langues, mais aussi méthodologie à mettre en place : accès aux archives (historiques, musicales…) dans les pays de départ et d’accueil – ici France et Russie- , étude des documents manuscrits, de la presse nationale et locale, éventuellement rencontres avec des témoins encore vivants, etc
Introduction par Pascale Melani Sur le lancement du programme du séminaire. Problématiques concernant l’historiographie et les arts de la scène.

Présentation d’Elena Vorobeva Sauvanet : Le Théâtre Impérial français à la cour impériale de Russie (1801-1825) Sous le règne de Catherine II, l’opéra français jouissait d’un accueil particulièrement favorable à la cours impériale de Saint-Pétersbourg, qui se poursuivit durant les décennies suivantes. On peut dire que les opéras français cueillirent leurs plus grands succès à l’époque du tsar Alexandre Ier et que sa mort mit fin à l’« aventure » française sur le sol russe. L’opéra français était importé en Russie par des chanteurs et comédiens français, qui avaient immigré en Russie, puis étaient devenus membres de la troupe impériale russe. Saisissant les opportunités qui leur étaient offertes, les artistes de la troupe française surent s’adapter aux goûts de la noblesse russe et des spectateurs lambda, tout en propageant dans le public russe des genres typiquement français : opéras comiques, vaudevilles et comédies. Ainsi, réussirent-ils à influencer le répertoire musical russe, notamment les formes théâtrales, et surtout l’opéra qui, au début du XIXème siècle, était encore, en Russie, en quête de son identité nationale.

Présentation d’Irina Akimova : L’Opéra russe à Paris, 1928-1945 Mon intervention portera sur la création, en 1928, dans la capitale française, de la troupe lyrique « L’Opéra privé de Paris », sur l’initiative de Maria Kouznetsova-Massenet. Arrivée en France dans les années vingt, l’ancienne chanteuse des théâtres impériaux rassembla autour d’elle les artistes-émigrés les plus connus de la Russie tsariste qui, comme elle, avaient émigré en France, avec l’objectif de faire découvrir au public parisien plusieurs des opéras russes les plus significatifs du grand répertoire du XIXème siècle. Son projet donnera naissance à la « Grande saison russe à Paris », dont les activités se poursuivirent jusqu’en 1945, sous la direction de ses plus proches collaborateurs : le prince A. Zereteli et le colonel de W. de Basil. Je parlerai du parcours de chacun des artistes qui furent actifs dans la troupe russe à Paris, montrant comment ceux-ci avaient mené leur carrière sur le sol russe, avant la révolution de 1917, puis, après leur émigration forcée, comment ils surent mettre leur savoir-faire et leurs talents respectifs au service d’un projet commun d’une l’envergure exceptionnelle. J’évoquerai également l’accueil qui fut réservé par le public parisien à ces opéras russes, à travers les articles parus dans la presse française de l’époque.

Contacts :
Sylvie.mamy@cnrs.frPascale.Melani@u-bordeaux-montaigne.fr

 

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