Séminaire "Compositeurs reconnus et non reconnus entre 1890 et 1940" - 4e Séance

ven 5 mai 2017
Vendredi 5 mai 2017 17 h 30 - 19 h 30
Lieu: 

BnF - Département de Musique Salle IReMus - 1er étage
2 rue de Louvois, 75002 - Paris 

Programme: 
4e Séance

Séminaire

« Compositeurs reconnus et non reconnus

entre 1890 et 1940 »

Approches socio-musicologiques du phénomène de la « reconnaissance »
dans le monde musical de la belle-époque aux années folles

animé par
Raffaele D’Eredità et Alexandre Robert
 

Programme

17h20 Accueil des invités

17h30 Introduction et présentation : Raffaele D’Eredità, Alexandre Robert

17h45 Gustave Charpentier écrivain : entre le public et le privé
           Intervenant : Michela Niccolai Université libre de Bruxelles, LaM

Pause

18h45 De la reconnaissance au désaveu : singularités du parcours de Marcel Delannoy
           Intervenant : Cécile Quesney Post-doctorante, Université libre de Bruxelles

Mot de conclusion : Raffaele D’Eredità, Alexandre Robert

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Gustave Charpentier écrivain : entre le public et le privé

Intervenant : Michela Niccolai Université libre de Bruxelles, LaM

Gustave Charpentier est l’un des compositeurs français les plus atypiques de la fin du XIXe siècle. Sa carrière est récompensée à de nombreuses reprises – le Prix de Rome obtenu en 1887 avec la cantate Didon, l’énorme succès de Louise en 1900, l’élection à l’Institut en 1912 –, ainsi qu’une importante reconnaissance par la nation (Chevalier de la Légion d’honneur en 1900, Commandeur en 1930 et, enfin, Grand Officier en 1950). Bien qu’il n’ait jamais reçu une instruction littéraire approfondie, le compositeur a toujours soigné son expression écrite. Quatre années avant de recevoir le Prix de Rome de musique, Charpentier illustre son esprit de compositeur « français » dans un article paru dans les colonnes du Journal de Roubaix, intitulé « Êtes-vous wagnérien ». L’importance de dépasser le modèle wagnérien est toujours constante chez Charpentier, soit dans une perspective d’analyse de la dramaturgie du compositeur allemand, soit dans l’annonce d’une nouvelle ère de l’opéra français, renouvellement qui comprend le choix du sujet opératique ainsi que le « genre » des nouvelles compositions musicales (« L’Attaque du moulin », Gil Blas, 25 novembre 1893 ; « Les théâtres », Le Figaro, 30 avril 1901). À côté de cette activité d’écriture « publique », Charpentier en pratique une autre plus personnelle. Suivant les modèles déjà fournis par les Souvenirs de Massenet et par À l’ombre d’un grand cœur d’Alfred Bruneau, le compositeur montmartrois décide de recueillir toutes ses Mémoires dans un ouvrage qui est, en principe, destiné à la publication, mais qui, en réalité, n’a jamais été achevé et demeure encore aujourd’hui inédit. La volonté de laisser une trace pour la postérité résulte, en tous les cas, évidente.

Dans notre présentation nous accorderons une importance particulière à l'étude de sa production écrite à l'égard de sa poétique musicale (Dahlhaus), au public auquel Charpentier destinait sa production et, en dernier, si son activité d'écrivain ait pesé dans le jugement que ses confrères ont porté sur l'ensemble de son oeuvre.

Michela Niccolai est actuellement collaboratrice scientifique de l’Université libre de Bruxelles et prépare l’édition critique de la mise en scène de la création de Pelléas et Mélisande de Debussy (Turnhout, Brepols). Par ailleurs elle réalise le catalogue du Fonds Bornemann pour le Palazzetto Bru Zane. Docteur en musique et musicologie (Saint-Étienne/Pavie, 2008), elle a terminé un contrat post-doctoral à l’Université de Montréal (OICRM) avec un projet autour des écrits musicaux et sociaux de Gustave Charpentier (en préparation, Vrin, MusicologieS). Elle a publié chez Brepols une monographie consacrée à ce compositeur, La Dramaturgie de Gustave Charpentier (2011), issue de sa thèse doctorale.

Son dernier ouvrage publié constitue la première édition critique de mise en scène lyrique : Giacomo Puccini et Albert Carré : « Madame Butterfly » à Paris (2012). Auteur de plusieurs ouvrages collectifs (parmi lesquels Verdi Reception, avec L. Frassà, Brepols, 2013 et Gustave Charpentier et son temps, avec J-C. Branger, PUSE, 2013) et de nombreux articles sur l’opéra et la mise en scène en France et en Italie entre XIXe et XXe siècles, elle a fondé, avec Rémy Campos et Pierre Sérié, un chantier de recherche intitulé Les mises en scène lyriques à Paris (1830-1930) au Palazzetto Bru Zane. Dans ce cadre elle vient de terminer le catalogue électronique du fonds de mises en scène lyriques conservées dans la Bibliothèque de la Régie théâtrale (Paris, BHVP).
 

De la reconnaissance au désaveu : singularités du parcours de Marcel Delannoy

Intervenant : Cécile Quesney Post-doctorante, Université libre de Bruxelles, LaM

Le parcours de Marcel Delannoy (1898-1962) est profondément marqué par les deux Guerres mondiales. Si en 1917 l’épreuve du front a pour effet de cristalliser la vocation d’un jeune musicien décidé à se former tardivement et en marge des institutions, l’Occupation correspond au sommet d’une carrière qui sera brutalement interrompue, et pour plusieurs années, à partir de septembre 1944. Pour Delannoy comme pour plusieurs compositeurs de cette génération éclose au sortir de la Grande Guerre, l’appartenance à un groupe, le soutien d’un guide et le bruit des premiers succès participent de la construction d’un réseau professionnel et favorisent l’accès à la reconnaissance. À la fin des années 1920 le sésame de l’Opéra-Comique mais aussi les débuts de Delannoy comme critique viennent combler le déficit de reconnaissance qui caractérisait son entrée dans la carrière. À la même période le compositeur commence à lisser son style et à le nourrir d’influences éclectiques, en témoigne un peu plus tard son opéra Ginevra, commande d’État de 1938 créée avec succès en 1942. Mais à la Libération la reconnaissance laisse place au désaveu : l’implication du compositeur dans la collaboration se solde par une épuration sévère (mesures judiciaires et interdictions professionnelles) à laquelle s’ajoute le jugement parfois intransigeant des pairs. L’analyse de quelques moments clés permettra de faire apparaître les mécanismes de légitimation mais aussi les stratégies de carrière et les formes d’engagement d’un musicien vivant essentiellement de sa plume et qui, au lendemain des « années noires », a pu représenter le type même du compositeur collaborateur.

Cécile Quesney est chercheuse post-doctorante (FRS-FNRS) à l’Université libre de Bruxelles. Agrégée et diplômée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en musicologie, docteure de l’Université de Montréal et de l’Université Paris-Sorbonne, elle a publié dans la Revue de musicologie, la Revue musicale OICRM et, avec Marie-Hélène Benoit-Otis, dans la Revue belge de musicologie et Musical Quarterly. Provisoirement intitulé Le compositeur, Vichy et la collaboration, le cas de Marcel Delannoy, le livre issu de sa thèse est en préparation aux éditions Vrin. 

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