CRIJMA, Centre International de Recherche sur le Jazz et les Musiques Audiotactiles

Responsable extérieur à l'IReMus: 
Vincenzo Caporaletti

CRIJMA, Centre International de Recherche sur le Jazz et les Musiques Audiotactiles 
L’idée de ce projet est venue d’un double constat opéré conjointement par trois chercheurs de trois pays différents, parlant chacun une langue différente : Fabiano Araújo Costa (Universidade Federal do Esperito Santo, Brésil), Vincenzo Caporaletti (Universita di Macerata, Italie) et Laurent Cugny (Université Paris-Sorbonne), tous trois spécialisés dans la recherche sur le jazz et certaines musiques associées.
1. Les catégories « musiques populaires » ou « musiques actuelles », non seulement sont tout à fait inadéquates pour définir le jazz, mais sont également relativement impuissantes à désigner ce qui permet de regrouper les musiques en question.
2. La Théorie des musiques audiotactiles de Vincenzo Caporaletti offre un cadre conceptuel propre à contourner cette difficulté. En effet, cette théorie insiste sur les conceptions et les approches de la musique propres aux différents régimes de production de la musique et aux conséquences de ces différences en termes de formativité et de cognitivité[1]. La question n’est plus de savoir si ces musiques sont « populaires » par leur origine, leur réception ou leur mode de diffusion, ni « actuelles », mais quelles représentations de la musique sont mises en jeu dans un régime musical qui ne prend pas la partition comme texte initial et dont, par ailleurs, les produits musicaux se fixent par l’enregistrement mécanique (ce qu’il est d’usage d’appeler le disque). C’est la raison d’être du néologisme « audiotactile » qui se rapporte à un mode de représentation non plus forgé avant tout par le sens de la vue, comme dans le cas du régime d’écriture, mais par des médiations sensorielles différentes. Ainsi, le concept de « musiques audiotaciles » est-il très proche de celui de « musiques phonographiques » proposé déjà depuis longtemps par les musicologies pop et rock. Toutefois, la théorie de ces musiques s’intéresse à la phonographie comme élément constitutif, mais y ajoute une réflexion sur le « faire », la formativité, c’est-à-dire les façons de produire la musique, en s’attachant à décrire les processus cognitifs à l’œuvre dans ce régime spécifique. Cette catégorie regoupe ainsi les musiques qui, comme le jazz, n’utilisent pas la partition comme texte originel et se fixent par la phonographie[2].
 
L’objectif est de mettre en valeur la recherche sur le jazz et les musiques dites audiotactiles dans les pays anglophones et non anglophones et de favoriser la communication entre les chercheurs de ces pays, de façon privilégiée entre l’Europe et l’Amérique latine mais aussi avec les autres continents. Il est question donc de décloisonnement, aussi bien culturel qu’épistémologique.
 
L’idée a ainsi émergé de mettre des forces en commun, aussi bien sur le plan de la recherche théorique que des ressources, via un centre international de recherche sous forme numérique, c’est-à-dire consistant avant tout en un portail informatique regroupant produits de la connaissance, informations et ressources. Ce portail proposera, à terme, cinq accès principaux :
 

  1. Une revue académique consacrée au jazz et aux musiques audiotactiles accueille des articles dans toutes les langues. Son titre : La Revue d'études du jazz et musiques audiotactiles. Le numéro 1 est en ligne.
  2. L’organisation de séminaires réguliers. La première série a eu lieu au Brésil en août 2017.
  3. Des bases de données, deux d’entre elles existant déjà (une sur la bibliographie du jazz, l’autre sur le jazz en France), prochainement mises en ligne.
  4. La remise à disposition de textes déjà publiés, importants historiquement, mais ayant perdu de leur visibilité pour des raisons soit linguistiques, soit de doxa épistémologique.
  5. La création d’une collection numérique de réédition d’ouvrages spécialisés.

 


[1] Trois régimes principaux sont ainsi identifiés, par le support matériel de l’œuvre et le rapport à la phonographie : 1. Le régime d’écriture, dont la partition est le support et qui n’intègre pas la phonographie comme élément constitutif ; 2. Le régime d’oralité qui ne fait pas reposer la performance sur un support matériel et n’intègre pas non plus la phonographie ; 3. Le régime audiotactile (ou phonographique) qui ne fait pas a priori reposer la performance sur la partition et dont l’enregistrement mécanique (le disque) constitue le support matériel de l’œuvre.

[2] C’est le cas par exemple de nombreuses musiques dites populaires comme la plus grande partie de la pop et du rock, également de ce qu’il est convenu d’appeler les « musiques populaires brésiliennes » comme la bossa nova et autres, mais pas du tango, lui aussi classé usuellement dans les musiques populaires alors qu’il emploie principalement la partition comme support de la performance et le médium visuel comme médiation cognitive.

Collections-revues

La Revue d'études du Jazz et des Musiques Audiotactiles (RJMA) est une revue en ligne, de parution annuelle. C'est une production du Centre de Recherche International sur le Jazz et les Musiques Audiotactiles (CRIJMA). Chaque numéro se décline en quatre cahiers, contenant chacun tous les articles dans une langue, respectivement français, italien, portugais, anglais.

Présentation

Direction éditoriale - Comité scientifique
Numero en cours - Appel à contribution (2019)
Cahiers RJMA


Présentation :

La Revue d'études du Jazz et des Musiques Audiotactiles (RJMA) est une revue en ligne, de parution annuelle.

C'est une production du Centre de Recherche International sur le Jazz et les Musiques Audiotactiles (CRIJMA).

Chaque numéro se décline en quatre cahiers, contenant chacun tous les articles dans une langue, respectivement français, italien, portugais, anglais.


Direction éditoriale :

  • Fabiano Araújo Costa (Universidade Federal do Espírito Santo - UFES/Fondation Capes, Brésil)
  • Vincenzo Caporaletti (Università di Macerata/Dipartimento di Studi Umanistici - Conservatorio di Musica “S. Cecilia”, Roma, Italie)
  • Laurent Cugny (Sorbonne Université, IReMus, France)

Comité scientifique : 

  • Frédéric Bisson (Chercheur indépendant, France)
  • Fausto Borém (Universidade Federal de Minas Gerais [UFMG], Brésil)
  • Gianmario Borio  (Università di Pavia, Italie)
  • Manoel Corrêa do Lago (Academia Brasileira de Música, Brésil)
  • John Covach (University of Rochester, EUA)
  • Rafael dos Santos (Universidade Estadual de Campinas [Unicamp], Brésil)
  • Ludovic Florin (Université Toulouse-Jean-Jaurès. France)
  • Benjamin Givan (Skidmore College, EUA)
  • Martin Guerpin (Université Evry Val d'Essonne, France)
  • Olivier Julien (Sorbonne Université - Faculté des lettres, France)
  • Cliff Korman (Universidade Federal do Estado do Rio de Janeiro [Unirio], Brésil)
  • Christophe Levaux (Université de Liège, Belgique)
  • Cacá Machado (Universidade Estadual de Campinas [Unicamp], Brésil)
  • Philippe Michel (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. France)
  • Christophe Pirenne (Université de Liège, Belgique)
  • Bruce Raeburn (Hogan Jazz Archive, EUA)
  • Celso Ramalho (Universidade Federal do Rio de Janeiro [UFRJ], Brésil)
  • Ed Sarath (University of Michigan, EUA)
  • Pierre Sauvanet (Université Bordeaux Montaigne, France).
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Numéro en cours
(2018) Avril 2018, no 1

Programme/Éditorial

Articles

  1. Vincenzo Caporaletti : "Une musicologie audiotactile"
  2. Laurent Cugny : "Sur une réception du jazz en France"
  3. Fabiano Araújo Costa : "Musique populaire brésilienne et paradigme audiotactile : une introduction"
  4. Vincenzo Caporaletti : "Nouvelles perspectives interprétatives sur les sources de “Tiger Rag”"
  5. Laurent Cugny : "Sur trois solos de Bill Evans et une expérience d'appropriation : un essai d'analyse énergétique"
  6. Fabiano Araújo Costa : "Groove et écriture dans la Toccata em Ritmo de Samba nº 2 de Radamés Gnattali"
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Cahiers RJMA

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Appel à contribution (2019)

Un appel à publication est lancé pour le n° 2, à paraître en 2019. Aucun thème n’est fixé, aucun périmètre de bienséance n’est déterminé à l’avance. Sont accueillis tous les textes, dans les langues les plus diffusées[1], portant sur les musiques audiotactiles – jazz, rock, pop, blues, soul music, world music, musiques populaires brésiliennes, etc. – ou sur des aspects d’audiotactilité potentiellement identifiables dans des musiques relevant d’autres régimes, c’est-à-dire sur les processus – qu’il soient de performance, d’enregistrement, de réception, de transmission ou autres encore – aussi bien que sur les produits.


[1]L’examen des textes sera toutefois suspendu à la possibilité de trouver des évaluateurs compétents dans les langues considérées.
Contact : crijma.iremus@cnrs.fr

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