Le dernier Massenet. Esthétique dramaturgique et analyse musicale des oeuvres ultimes du compositeur.

sous la direction de  
Directeur(rice) de recherche (non-membre de l'IReMus) 
Jean-Christophe BRANGER (Université de Lorraine - Metz)

Le dernier Massenet

Esthétique dramaturgique et analyse musicale des oeuvres ultimes du compositeur.

Après une observation plus attentive des œuvres qui recouvrent les quatre  dernières années de la vie de Massenet, de 1909 à 1912, j'ai découvert un travail extrêmement riche, où le compositeur semble conférer sagesse et essentialisme à son écriture.
Je me suis donc décidé à pousser l'analyse dans une direction précise,  qui cherche à mettre en lumière les éléments qui expriment une certaine évolution du langage musical et dramatique du compositeur.   Ceci à travers l'observation littéraire, musicale et historique,  mais aussi à travers la vie de quatre opéras,  en partant de leur création, pour découvrir les réaction des musiciens, de la critique, des théâtres, et des compagnies de chant,  du début du XXe siècle jusqu'à nos jours.
Ces éléments d'évolution stylistique et, de modernité, je me propose de les explorer à travers les derniers œuvres de Massenet : Don Quichotte (1910), Roma (1912), Panurge (posthume 1913), Cléopâtre (posthume 1914).   

Analyse dramaturgique

Les quatre derniers opéras du compositeur montrent encore une fois, le soin extrême de Massenet pour équilibrer forme poétique et forme musicale.  On cherchera donc à aller en profondeur dans l'analyse narratologique des quatre livrets en suivant les étapes de leur évolution, sur le plan littéraire et dramaturgique.
En partant de l'observation de la correspondance relative à cette période, et en particulier de celle qui existe entre le musicien et ses collaborateurs ou ses élèves, on cherchera à découvrir des informations sur la nature des sujets et sur les auteurs des livrets de ces œuvres. Puis on analysera la façon très particulière de Massenet et de ses collaborateurs d'aborder les textes et de travailler sur la langue et sur le style.
On tentera en somme de découvrir les différences, les évolutions et les constantes dans sa façon de développer ses derniers opéras. Il est pourtant sûr que Massenet, avec ses auteurs, parvient en un temps bref à des résultats très efficaces où la dimension narrative semble retrouver un équilibre nouveau, en faveur de la construction des personnages et de leurs psychologies.
Chez le dernier Massenet la poésie s’affirme pour retrouver une  autonomie majeure à travers la déclamation rythmée (mélodrame). Celle-ci est déjà présente en partie dans les œuvres antérieures, devient après la composition de Bacchus (1909) un élément constitutif de cette dernière production.
Dans Panurge et Cléopatre, Massenet adopte à plusieurs reprises la déclamation rythmée, ainsi que dans d'autres compositions des dernières années, comme la Suite parnassienne, la Suite théâtrale et les Expressions lyriques, toutes les trois posthumes et composées entre 1910 et 1912. Par conséquent derrière la parole nue, la dimension musicale s'exprime plus librement, suivant, et des fois indiquant les états d’âme évoqués par le texte, donnant à la partition un nouveau parfum de liberté.
Cela pourrait donc constituer un progrès dans la dramaturgie de Massenet.

Analyse musicale

En deuxième partie, l'étude se propose de mener une analyse profonde des structures musicales (harmoniques et mélodiques) des œuvres qui constituent la dernière phase créatrice de Massenet.
Massenet adopte les procédés de la tradition, mais il les renouvelle et les transforme pour amplifier la puissance évocatrice de sa veine mélodique
 Avec le temps Massenet, n'ayant pas perdu cette grande facilité d'écriture qui l'a toujours caractérisé,  semble enrichir son travail en profondeur.  À travers notre analyse ,on veut donc démontrer   qu'à partir d'une certaine période, qu'on pourrait placer autour des années 1908-1909, le style de Massenet semble retrouver une linéarité nouvelle, qui abandonne de plus en plus l’élément décoratif pour garder l'essentiel. Dans la partition de Roma, par exemple on peut constater  une sorte de soustraction des éléments décoratifs : l'adoption de mélodies bien cadrées, l'abondance des récitatifs, l'extraordinaire pauvreté d'éléments décoratifs, en somme une écriture qui montre sa prédilection pour une ligne de simplicité et de rigueur. On montrera la complexité du style musical du compositeur, en analysant les phrases les plus incisives, les motifs de rappel et le choix des harmonies, cherchant à mettre en évidence la modernité de ces partitions, à travers de nombreux exemples musicaux et la confrontation avec les chefs-d'œuvres des compositeurs contemporains de Massenet et de l'avant-garde.
Massenet ne fut pas un réformateur, pourtant on aperçoit dans son style un parcours vers la modernité qui, en ne s'éloignant jamais de la tradition tonale ne cesse pourtant jamais de la mettre en discussion à travers une plus profonde attention aux harmonies modales.
Le caractère crépusculaire des derniers travaux de Massenet laisse un champ très vaste à l'analyse musicale et mène à notre avis l'analyse de son œuvre dans une direction pas encore explorée. On cherchera donc à aller encore plus en profondeur pour découvrir la conception musicale d'un compositeur stylistiquement très complexe. Ainsi à travers les témoignages de ses élèves et de ses collaborateurs on tentera de découvrir le plus objectivement possible sa personnalité musicale et l'évolution stylistique des drnières années de la vie artistique du compositeur.

 

Raffaele D'EREDITA

Date de première inscription: 
Mercredi, 30 novembre 2011
Université et/ou école doctorale: 
Université Paris-Sorbonne ED V " Concepts et Langages"
Date de soutenance: 
Mercredi, 16 mars 2016
Lieu de la soutenance: 
Université Paris-Sorbonne, 1, Rue Victor Cousin 75005, Paris - Salle des Actes
Jury ext: 
Cécile Auzolle, Maître de Conférences HRD, Unversité de Poitiers
Adriana Guarnieri, Professeur, Università "Ca' Foscari" Venise
Hugh Macdonald, Professeur émérite, Washington University St Louis

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