HEMEF

Agence nationale de la recherche (ANR-13-CULT-0007)

Porteur du projet: 
Cécile Reynaud
Partenaires: 

 

Ecole Pratique des Hautes Etudes : projet déposé par l'équipe « Savoirs et pratiques du Moyen Âge au XIXe siècle » - EA 4116 Saprat de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (IVe section, Section des sciences historiques et philologiques)

Conservatoire national de musique et de danse de Paris

Archives nationales

Bibliothèque nationale de France

IReMus (UMR 8223), associé depuis 2016

 

 

Nature du projet: 

Ce projet étudie un pan de l’histoire de l’enseignement de la musique en France au XIXe siècle (1795-1914) en centrant ses intérêts sur le Conservatoire national de musique, fondé en 1795 : il s’agit de montrer, par l’étude du fonctionnement de cette institution et sa comparaison avec d’autres établissements contemporains, comment sa création a pu avoir un retentissement sur l’ensemble de la vie musicale française, par l’élaboration de normes techniques et esthétiques qui ont donné une nouvelle forme aux pratiques musicales – qu’il s’agisse du concert public, de l’exécution ou de l’écriture musicales. A cette vie musicale nouvelle correspond une nouvelle catégorie de musiciens, le statut du musicien professionnel et de l’amateur s’éloignant définitivement l’un de l’autre.

Les outils de recherche que ce projet est en train d'élaborer (base de données prosopographique des élèves du Conservatoire –lauréats on non ; numérisation sur la bibliothèque numérique de la BnF, Gallica, et édition savante en ligne des méthodes du Conservatoire ; élaboration d’un Guide des sources pour l’histoire de l’enseignement de la musique au XIXe siècle en France ; anthologie de textes de concours du Conservatoire pour l’épreuve de lecture à vue), prennent pour objet le fonctionnement du Conservatoire, en commençant par les parcours et les carrières de ses élèves, les contenus de son enseignement, le répertoire qu’il suscite et qui nourrit sa pédagogie. L’exploitation scientifique de ces outils répond à un axe double : l’un, principal, constitué par l’étude du fonctionnement interne du Conservatoire, et servant de point de référence au second, traité notamment lors de journées d’étude – la comparaison du Conservatoire avec d’autres institutions d’enseignement contemporaines.

Les archives du Conservatoire national et la bibliothèque constituée au XIXe siècle, rattachée à la Bibliothèque nationale dès 1935, sont conservées et recensées dans deux institutions publiques – Archives nationales et Bibliothèque nationale de France – qui mettent ces fonds à disposition des chercheurs et permettent l’élaboration des outils de recherche nécessaires à ce projet. Le cas du Conservatoire, institution publique, servira donc d’étude de référence pour élaborer une réflexion sur l’enseignement de la musique en France au XIXe siècle.

 

Travaux menés pas l'équipe: 

1- Base de données prosopographique : Archives nationales

2- Edition critique des premières méthodes du Conservatoire : BnF, IReMUS

3- Numérisation des méthodes de musique : Bibliothèque nationale de France

4- Saisie et analyse d'un choix des morceaux d'examen et de concours : CNSMDP

 

 

1- Base de données prosopographique

Responsables : Marie Thégarid (HEMEF, EPHE), Catherine Mérot, Yvette Isselin (Archives nationales)

L’objectif de cette base de données prosopographique est de permettre, pour la première fois, de mettre systématiquement en relation des données qui ne sont apparues jusqu’à présent qu’au hasard de recherches ponctuelles : on peut retenir par exemple l’origine sociale et géographique de l’élève, le sexe de l’élève, ou l’instrument choisi ; les répertoires joués pour les examens et leur évolution sur la période définie ; les parcours au sein du Conservatoire, selon les classes choisies ; la présence d’un même élève dans plusieurs classes.

Les Archives nationales conservent le fonds du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et plus particulièrement la partie de fonds du Conservatoire de musique et de déclamation pour le XIXe siècle (série AJ 37). La BnF (département de la Musique) conserve la bibliothèque du Conservatoire, et un certain nombre d’archives permettant de nourrir la base de données (Société des concerts du Conservatoire, Association des Artistes musiciens, presse musicale). Un état des lieux des instruments de recherche existants sur le sujet a été dressé : il en a résulté notamment qu'aucun recensement global des élèves n'a encore été fait à ce jour (sauf concernant les lauréats des concours ou examens de fin d'année publiés par Constant Pierre dans son ouvrage Le Conservatoire de musique et de danse. Documents historiques et administratifs recueillis ou reconstitués, Paris, 1900. Voir aussi le travail réalisé par Frédéric de la Grandville, Dictionnaire biographique des élèves et aspirants du Conservatoire de musique de Paris (1795-1815).

Les Archives nationales et la BnF peuvent, pour l'époque donnée, procurer toute la matière première à la constitution de cette base : registres d'inscription et de suivi des élèves, procès-verbaux des jurys pour les examens et concours, devoirs d'élèves du Conservatoire de Paris récompensés pour les concours et examens, etc.

Cette base traitera de tous les élèves du Conservatoire, lauréats et non lauréats (environ 18000 entrées à prévoir).

 

 

2- Edition critique des premières méthodes du Conservatoire

Responsable : Rosalba Agresta (HEMEF, EPHE / BnF)

Nous souhaitons mettre à la disposition des chercheurs (par l’édition et la numérisation) un corpus cohérent d’ouvrages pédagogiques musicaux publiés en France entre 1795 et 1914, parmi lesquels figurent ceux qui furent produits et utilisés par le Conservatoire, ou simplement disponibles dans sa bibliothèque.

Parmi l’imposant corpus pédagogique musical produit à cette époque, les 14 méthodes éditées par le Conservatoire national entre 1800 et 1814, parfois rééditées et traduites, s’imposent comme représentant le premier discours pédagogique de l’institution. Elles concernent la théorie musicale, le chant et différents instruments de musique. Nous prévoyons une édition savante en ligne de ces ouvrages, confiée à une équipe de chercheurs, musicologues et musiciens instrumentistes.

Plusieurs objectifs guident ce projet d’édition.

Les méthodes, pour la plupart construites selon un même plan d’enseignement, articulent parties théoriques, exercices techniques et extraits du répertoire musical : toutes ces composantes reflètent, de façon différente, des influences d’ordre technique, pédagogique et esthétique. Il nous faudra donc tout d’abord comprendre quelles influences directes ou indirectes se sont exercées sur leurs concepteurs - qu’il s’agisse du contexte organologique, musical ou esthétique. L’étude des extraits musicaux sera en particulier déterminante : comment s’opère le choix de ce répertoire qui doit former les futurs musiciens professionnels ? Les œuvres musicales retenues, ou leurs extraits, faisaient-ils partie d’un répertoire familier, largement édité en France, et joué au concert ? Ou s’agissait-il au contraire d’œuvres et d’esthétiques nouvelles ?

Pour tenter de répondre à ces questions, l’édition abordera, entre autres, les points suivants :

- étude biographique de l’auteur et de sa situation dans le monde musical et pédagogique au moment de la rédaction de la méthode ;

- étude de la situation de la méthode dans le contexte pédagogique national et international ; -

- repérage des éditions, rééditions et traductions en différentes langues afin d’établir la comparaison, d’une édition à l’autre, des évolutions du contenu pédagogique et la portée internationale de ces ouvrages pédagogiques ;

- annotation des contenus techniques et indexation des exemples musicaux afin de pouvoir préciser le répertoire préconisé (s’agit-il de répertoire ancien et classique, ou au contraire contemporain ?).

Le contenu iconographique des méthodes, révélateur de la facture des instruments de musique et des modes de jeux, sera également indexé.

Les exemples musicaux feront l’objet d’un traitement particulier : l’identification n’en est pas toujours donnée (auteur et œuvre). Leur indexation s’accompagnera donc de la saisie des textes musicaux, qui seront l’occasion d’une collaboration avec le programme neuma issu d’un précédent projet ANR (2008-2011) [http://neuma.huma-num.fr/]. Ces exemples issus des ouvrages pédagogiques constituent en effet un corpus qui peut être versé dans la bibliothèque numérique de partitions de neuma : les fonctionnalités de cet outil permettront à la fois de faciliter la reconnaissance des exemples anonymes par d’éventuels traits stylistiques récurrents et de rendre plus aisée leur analyse.

 

 

3- Numérisation des méthodes de musique

Responsables : Elizabeth Giuliani, Catherine Vallet-Collot, Clotilde Angleys (BnF)

La BnF prévoit, avec un soutien de financement apporté par ce projet, la numérisation d’un ensemble qu’on peut estimer à 5000 méthodes (soit environ 500 000 pages numérisées). Nous aurons ainsi accès à un corpus cohérent, plus large certes que celui du seul Conservatoire, mais reflétant aussi plus fidèlement le contexte général de l’enseignement de la musique en France. Cette numérisation d’ensemble concernera ainsi des méthodes d’instruments qui ne sont pas encore enseignés au Conservatoire à l’époque considérée, mais d’un grand poids dans la vie musicale (par exemple guitare, accordéon).

 

 

4- Saisie et analyse d'un choix des morceaux d'examen et de concours

Responsable : Philippe Brandéis (CNSMDP)

Cette partie du projet a pour objectif de mettre à disposition des interprètes, des pédagogues et des musicologues un corpus d’œuvres important, tant en quantité qu’en qualité, dont l’inventaire exhaustif et le jeu en public ou sur support audio, voire audiovisuel, n’ont jamais été entrepris : l’ensemble est pourtant particulièrement représentatif des préoccupations pédagogiques de l’institution et a permis peu à peu, au cours des XIXe et XXe siècles, de développer au Conservatoire de Paris, et par imitation sur l’ensemble du territoire national, une compétence spécifiquement « à la française » connue et reconnue dans toute l’Europe, dans le domaine de la lecture à vue pour les déchiffrages, de la virtuosité pour les pièces imposées.

En collaboration avec la médiathèque Hector Berlioz du Conservatoire le travail des saisie se fera sur les textes conservés aux Archives nationales et concernant plus particulièrement l’épreuve de lecture à vue (il s’agit d’environ 500 textes, sur lesquels seront choisies 300 des épreuves les plus caractéristiques) ; les recherches menées sur ce corpus sont naturellement confiées à des professeurs et élèves du Conservatoire qui sauront à la fois en établir l’inventaire, procéder à la saisie informatique du texte musical et en assurer l’interprétation artistique, notamment au cours de la journée d’étude spécialement organisée autour de ce corpus et éventuellement enregistrée sur support audiovisuel (service audiovisuel du Conservatoire, élèves de la formation supérieure des métiers du son).

Une recherche plus particulière sera axée sur les commandes d’œuvres imposées aux concours et examens du Conservatoire, dont la mise en œuvre chaque année pour l’ensemble des instruments se développe peu à peu au cours de la période étudiée.

Image: 

Tutelles

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