Catalogue de l’oeuvre brésilien (1816-1821) de Sigismund Neukomm (1778-1858)

Par Luciane Beduschi
Luciane BEDUSCHI Nicolas MEEÙS (dir)

Fragment du catalogue de l'oeuvre de Neukomm, notamment d'après son catalogue manuscrit conservé à la BnF. 

Ce travail a pour objectif premier de tester l'idée qui est au centre de l'une des parties de mon projet de thèse, Vie et OEuvre de Sigismund Neukomm, préparé en Sorbonne sous la direction de Nicolas Meeùs. Le projet se divise en trois parties : Biographie, Catalogage et Étude des canons (en particulier des canons énigmatiques). La deuxième partie, Catalogage, se concentre sur les problèmes de l'établissement d'un catalogue de l'oeuvre de Sigismund Neukomm [1]. Les difficultés de l'étude du compositeur Sigismund Neukomm viennent en grande partie du fait qu'il n'existe pas de catalogue complet de son oeuvre et que le catalogue existant est difficilement accessible au public. On sait que Neukomm est le compositeur de près de 2000 oeuvres. Mais quelles sont ces oeuvres ? Musique sacrée, vocale, instrumentale ? Quelle est la place occupée par la musique symphonique ? Les chiffres sont inexistants. Si Sigismund Neukomm a écrit une cinquantaine des messes, seraient-elles toutes en ut majeur ? Est-ce que ces messes ont été publiées au XIXe siècle ? Le catalogue le plus complet de l'oeuvre de Sigismund Neukomm est un manuscrit du XIXe siècle ([2]). Il s'agit d'une copie, réalisée probablement par son frère, d'un document que Neukomm avait tenu à jour durant toute sa vie, depuis 1804. Il répertorie les oeuvres en donnant pour chacune le lieu et la date de composition, le titre, souvent l'incipit. À cela se rajoutent d'autres informations données de façon irrégulière : sur les dédicataires, sur l'auteur des textes, sur les éditions d'époque, sur les volumes dans lesquels les oeuvres s'insèrent, etc. De plus, il a été conçu presque comme un journal de travail, répertoriant non seulement les oeuvres mais aussi les faits marquants de sa vie de compositeur et musicien. Neukomm y inscrit des renseignements autobiographiques véritablement riches : ses voyages, par exemple, sont scrupuleusement notés dans le catalogue. Ce manuscrit présente plusieurs divergences (dans les titres, les dédicaces, les dates de composition) par rapport aux partitions conservées et est manifestement incomplet (tout n'est pas enregistré, et tout n'est pas enregistré clairement — les difficultés pour la compréhension des indications d'instrumentation, des effectifs, des répartitions des voix, etc., sont considérables). Mais ce manuscrit représente, malgré tout, le meilleur point de départ pour l'établissement d'un catalogue complet de l'oeuvre de Neukomm. Le fac-similé du manuscrit a été publié en 1977 accompagné d'une liste regroupant, dans un classement approximatif par genre, toutes les oeuvres citées dans le catalogue manuscrit ([3]). Dans les années 70, faute des moyens, la transcription du manuscrit n'a pas pu être réalisée ([4]). J'ai commencé mon travail de recherche par cette transcription, tout d'abord avec l'objectif de connaître mieux les caractéristiques du document. Puis, le travail s'est montré bien plus utile que je ne croyais au départ, car la transcription faite sur une table séparant les données par catégories m'a permis d'effectuer des recherches croisées. Presque la totalité de l'oeuvre de Sigismund Neukomm est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale de France. Le fonds n'a malheureusement pas fait l'objet d'une classification rigoureuse, de sorte qu'il n'est pas aisé de savoir très précisément ce qu'il contient, d'une part parce que les fiches sont encore sur support papier, ne suivent pas une norme constante et ne donnent pas une description précise des oeuvres, d'autre part parce qu'elles ne répertorient pas la totalité du fonds (quelques fiches se sont égarées, d'autres indiquent une seule oeuvre, tandis que la cote rassemble deux oeuvres différentes ou, en plus de l'oeuvre, une lettre, une préface, etc., qui ne sont pas signalées). Il est évident que la constitution d'un catalogue de l'oeuvre de Sigismund Neukomm ne pourra se dispenser d'un examen détaillé de ce fonds et que ce travail (par son ampleur) ne pourra être effectué que par une équipe ([5]). De toute manière, le catalogage du fonds Neukomm BnF ne suffira pas en lui-même à constituer un catalogue de l'oeuvre du compositeur : des partitions se trouvent non seulement un peu partout en Europe mais aussi dans les coins des plus inattendus, le Chili ou l'Argentine, par exemple ([6]). Le catalogue manuscrit du XIXe siècle reste ainsi la source principale et première : le point de départ pour tout travail ultérieur de catalogage. La transcription du manuscrit représente une étape nécessaire après la publication du fac-similé : non seulement parce que le fac-similé est difficilement trouvable dans le commerce mais aussi parce qu'elle rend les données beaucoup plus lisibles, donnant de surcroît la possibilité d'effectuer des recherches — qui permettent, entre autres, d'extraire des statistiques ou de donner un aperçu moins flou de l'oeuvre. Par exemple, combien de pièces existent pour le piano ? Quelles sont leurs tonalités ? Combien ont été composées entre les années 1819 et 1820 ? Combien d'entre-elles contiennent la mention « gravée », signalant une édition ? Mettre cette transcription en ligne m'a semblé être une bonne première étape pour rendre plus accessibles les informations sur la production de Sigismund Neukomm. L'étape suivante sera, évidemment, de mettre cette transcription en relation avec le fonds BnF. Ma transcription contient déjà une indication des cotes BnF — loin d'être exhaustive car, faute des moyens, je l'ai faite principalement d'après les fiches. L'objet de la présente publication est la transcription de la partie du catalogue manuscrit qui concerne les années que Neukomm a passées au Brésil — c'est un premier essai pour mon projet de thèse qui prétend rendre disponible la transcription de la totalité du manuscrit. La production brésilienne est enregistrée entre les entrées 142bis et 189bis — pages 33 à 44 du premier volume du catalogue. Ces entrées, intégralement transcrites, sont ici présentées en forme d'une liste qui garde une forte ressemblance avec le manuscrit du catalogue. Cette liste provient d'une table (construite à l'aide d'un logiciel de base de données) qui donne l'intégralité des données de chaque entrée du catalogue en les séparant par catégories dans diverses colonnes. Le document ici présenté puise dans la table originale quelques données choisies pour les présenter sous forme d'une liste. Chaque entrée du catalogue constitue une entrée de la liste — élaborée en suivant l'ordre de numérotation du catalogue. Si la table originale de la base de données donne la possibilité d'effectuer des recherches croisées, la liste publiée ici est plus aisément lisible. J'ai l'intention de publier la table originale dans ma thèse. Pour l'instant, ceux qui désireraient la consulter, peuvent envoyer un message à Luciane Beduschi

Quelques mots sur la nature des informations reportées dans la liste :

Les fiches présentées ici se composent de deux colonnes. La colonne de gauche contient les noms de rubriques qui se répètent d'une fiche à l'autre. Ces noms sont inexistants dans le manuscrit, où les informations sur les oeuvres se succèdent les unes après les autres à l'intérieur des entrées, la plupart du temps ne suivant pas une disposition régulière. Toutes les informations rassemblées dans la colonne de droite des fiches proviennent du manuscrit, à l'exception des mots Instrumentation, Armure, Mesure, Incipit (qui nomment des catégories de données, se répétant donc d'une fiche à l'autre), des indications de cotes du Département de la musique de la Bibliothèque nationale de France (ces numéros de cotes n'apparaissent évidement pas dans le manuscrit) et des remarques classées sous la rubrique Commentaires. Le numéro au début de chaque fiche correspond au numéro d'entrée au catalogue manuscrit ; la dernière entrée du deuxième volume est numérotée 1265. Ces numéros, comme plusieurs autres données, semblent être postérieurs à l'inscription des données principales. Quelques entrées, purement biographiques, n'ont pas de numéro d'entrée. Quelques fois, les numéros se répètent : par exemple, dans la partie de la transcription ici présentée, le numéro 142 bis est répété pour deux entrées distinctes. Les informations sur l'Instrumentation proviennent très souvent du titre de l'oeuvre, et sont fort incomplètes. Il est impossible, par exemple, de savoir quelles sont les voix auxquelles l'indication « per 2 voci » fait référence ; ou quelle est la composition exacte d'un « orchestre militaire ». De même, d'après les seules informations du manuscrit, il n'est pas possible, par exemple, d'affirmer avec certitude que le numéro 148, {Blume auf Elisens Grab}, soit une chanson pour une seule voix. Des indications très peu précises, telles que « Instrum[en]ts à vent », défilent. Le catalogue indique à la fois {Klavier Begleitung} et {P}[iano]{F}[orte] {accompagnement}. J'ai choisi d'uniformiser cette donnée en mentionnant toujours {Klavier Begleitung}. Les données sur l'Armure, la Mesure, et l'Incipit sont extraites de l'incipit qui accompagne l'entrée du catalogue. Comme souvent il n'est pas possible d'établir la tonalité avec certitude d'après le peu de mesures de l'incipit, j'ai choisi de donner simplement l'armure, sans indiquer une tonalité. Les autres données associées à la rubrique Texte donnent des précisions sur le texte d'une oeuvre vocale : son auteur ou son titre. Ma thèse consacrera quelques pages à l'étude des données du manuscrit. Je puis dire très rapidement qu'elles proviennent de mains et d'époques diverses, et d'une comparaison avec un ensemble de partitions (fort probablement celles du fonds BnF). Les informations classées sous les rubriques Références aux éditions et Volume datent d'une époque postérieure à l'inscription des données des autres rubriques. Les références aux éditions du catalogue manuscrit ne correspondent souvent pas aux références aux éditions présentées sur les manuscrits des partitions. Fréquemment, ces références ne se confirment pas non plus dans les sources sur les éditions de l'époque (Pazdirek, Eitner, Fétis). Les références aux volumes indiquent les volumes sous lesquels étaient rassemblés les manuscrits des partitions. Ces références coïncident très souvent avec les numéros de volume qui subsistent encore sur certaines reliures de partitions du fonds BnF. La rubrique Autres rassemble les données qui n'appartiennent pas à une catégorie précise de données. Enfin, la rubrique Commentaires présente quelques remarques de ma part sur l'entrée en question. ----

Septembre 2006

[1] Les principaux travaux sur la biographie de Sigismund Neukomm demeurent ceux de Gisela Pellegrini-Brandacher, Sigismund Ritter von Neukomm und seine Oratorien, Dissertation, Ludwig-Maximilians-Universität zu München, 1936 ; et « Sigismund Ritter von Neukomm : ein vergessener Salzburger Musiker », {Mitteilungen der Salzburger Landeskunde} LXXVI (1936), p. 1-67. Une version de l'autobiographie de [Sigismund Neukomm (Esquisse biographique de Sigismond Neukomm écrite par lui-même)] Extrait du Journal La Maîtrise, Paris, Typographie Charles de Mougues Frères, 1859), est disponible sur Internet.

[2] Bibliothèque nationale de France, Ms. 8328 (1-2).

[3] Rudolph Angermüller, Sigismund Neukomm : Werkverzeichnis, Autobiographie, Beziehung zu seinen Zeitgenossen, Salzburg, München, Emil Katzbichler, 1977.

[4] Ibid., p. 9.

[5] Voir Luciane Beduschi, « Fundamentos para o Estabelecimento do Catálogo Temático de Obras de Sigismund Neukomm », Actes du XVe Congrès de l'ANPPOM, Rio de Janeiro, 2006.

[6] Francisco Curt Lange, Robert Gunther (éd.), « A música no Brasil durante o século XIX : regência - império - república », Die Musikkulturen Lateinamerikas im 19. Jahrhundert, Regensburg, Bosse, 1982, p. 135. [Studien zu Musikgeschichte des 19. Jahrhunderts,vol. LVII]


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