Séminaire de l'équipe Musique et Religion(s)

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Pratiques musicales latines dans l’archipel grec à l’époque moderne: pluralité confessionnelle et syncrétismes en Méditerranée orientale, sources et méthodes
Décrit en 1686 comme archipelagus turbatus, l’« archipel troublé » des Cyclades fut le théâtre d’intenses entreprises confessionnelles, commerciales, géopolitiques et culturelles émanant de près comme de loin. Dans quelle mesure les pratiques musicales rendent compte de phénomènes possibles de transferts, co-existances, métissages d’acculturation dans ces lieux cosmopolites, sur les routes commerciales entre l’Europe et le Levant, le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest ? Nous proposerons une vue d’ensemble de ce qu’il est possible de savoir des pratiques musicales liées à la dévotion catholique, dans les îles grecques durant la première modernité : entre Gênes, Venise et Rome d’un côté, Smyrne, Constantinople, Damas, Jérusalem de l’autre, exactement là où les forces Ottomanes et Chrétiennes se disputaient les confins de leurs frontières. 

Nous examinerons une série des sources différentes, tour à tour récits de voyageurs et rapports de missions, corpus d’hymnes, poésie dramatique et quelques sources musicales. Dans un environnement musical largement fondé sur l’oralité, ces différentes sources permettent d’approcher un peu aux pratiques (notamment liturgiques et dévotionnelles) qui intègrent la musique ; ces pratiques se déploient dans un contexte multiculturel, tout en présentant des phénomènes d’acculturation, tel l’usage des Fragolevantinika et des Fragochiotika, une écriture du grec en en alphabet latin. De là, l’enjeu de la langue, entre le grec moderne, celui parlé par la population, et les formes plus archaïques liées à la langue du Nouveau Testament (et qui est donc celui de l’Église orthodoxe, alors et jusqu’à nos jours) émerge de façon très forte : se nichent, dans ces espaces de rencontre entre les pratiques grecques et latines, entre l’insularité et l’Europe, les points de départ de la littérature néo-hellénique, jusqu’à présent presque jamais abordée sous ses aspects performatif et musical.

Enfin, une telle enquête mobilise aussi des questions historiographiques importantes (et largement discutées en cette année de bicentenaire de la révolution grecque de 1821) que nous présenterons brièvement : entre diverses constructions nationalistes forgées au xixe siècle, tensions géopolitiques, stratégies d’appropriation et de filiations avec le passé lointain et prestigieux (par les Grecs mais aussi les Français, les Allemands, etc.), et face la « l’insoutenable similitude de l’Autre », lorsqu’il s’agit de l’Est de la Méditerranée et des Balkans de nos jours, ou de la construction en Grèce d’une vision d’état homogène chrétien orthodoxe qui forge le sentiment identitaire, le terrain est miné de systèmes de représentation souvent biaisées, lesquels ont concédé peu de place aux territoires et communautés qui n’entraient pas dans le canon dominant.

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