Thèse de Yassine AYARI

sous la direction de : 
Directeur(rice) de recherche (non-membre de l'IReMus): 
Saif Ben Abderrazak, ISM de Tunis

LA PRATIQUE MUSICALE DANS LE RITUEL DU ZĀR AU QATAR
 

La culture africaine compte parmi les plus anciennes et les plus ancrées dans les traditions musicales des pays du Golfe. Les anciens esclaves africains, venus du Soudan, d'Éthiopie, de Zanzibar, de la Somalie, de la côte Est africaine, de l'intérieur de l'Afrique de l'Est et de la ceinture soudanaise de l'Afrique de l'Ouest, s’y sont établis à partir de la période médiévale (Ali Jihad Racy, 1999).

Au cours des siècles, ces Africains et leurs descendants ont formé d'importantes communautés notamment à Oman, au Yémen, à Bahreïn, en Irak, au Koweït, en Arabie Saoudite, à Dubaï et au Qatar. Ils ont formé des espaces sociaux dans toute la région et construit une culture musicale différente à travers laquelle ils ont articulé leurs sentiments, leur résistance et leurs aspirations. Ces espaces sociaux constituaient un refuge partiel contre les humiliations et l’indignité de l'esclavage vécus à l’époque. Cela été révélé à travers la résurgence des rituels de possessions spirituelles, appelées zār. 

Ceux qui ont maintenu ce rituel et le pratiquent encore aujourd'hui dans les pays du Golfe avec dévouement sont des descendants, hommes et femmes, d’anciens esclaves noirs. Le zār se déroule dans une ambiance festive de sacrifices, de festins et d'offrandes accompagnés de musique et de danses spéciales, d'encens et de sang provenant de l'abattage des sacrifices. Trés peu sont aujourd’hui les spécialistes de cet art au Qatar. Ils ont  hérité de leurs parents et le pérennise en organisant, de temps à autre et en privé chez eux dans la ville de  Al Najma, ville située à Doha, un zār .

Durant les dernières décennies, les institutions culturelles du Qatar ont présenté les musiques et les danses associées à ce rite comme une pratique festive sans lien avec la possession du zār et sa transe cinétique.

La marginalisation de cette minorité ethnique, son histoire, ses pratiques rituelles, son répertoire musical et la volonté d’occulter sa culture ancestrale m’ont poussé à entreprendre cette recherche passionnante. En effet, ma présence en tant que résident au Qatar depuis presque 10 ans, et ma proximité avec les musiciens notamment ceux des noirs pratiquant ce rituel, font de moi un témoins privilégié.

Nous espérons insérer cette étude dans une série de travaux examinant des spectacles rituels à fonction d’exorcisme ou à possession, qui tous, de Cuba au Vietnam et à la Corée en passant par l’Afrique du Nord, déclinent les fameux rapports entre musique, transe et possession analysés par Gilbert Rouget, mais à travers des ethnographies fines et la question du spectaculaire.

Date de première inscription: 
Mercredi, 1 septembre 2021
Université et/ou école doctorale: 
ED 5 de Sorbonne Université
ISM de Tunis, Université de Tunis
Lieu de la soutenance: 
Sorbonne Université

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