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Résumé du projet de thèse

Quand on parle d’invention dans le domaine de la facture du piano en France, de grands noms du XIXe siècle tels qu’Érard, Pleyel et Pape nous viennent à l’esprit. À défaut d’un exemple féminin français, Annette Streicher à Vienne reste sans doute la plus célèbre des factrices. Toutefois, au-delà de ces figures emblématiques, se trouvent non seulement d’autres facteurs et inventeurs ayant contribué à la fermentation de nouvelles idées et conceptions du piano, mais aussi des femmes. L’une des traces de leur présence dans l’innovation pianistique se manifeste à travers le brevet d’invention, qui constitue une source précieuse à étudier.
Ce travail met en lumière les parcours de trente-trois inventrices impliquées dans la facture du piano en France, tout en développant la discussion sur leur rôle méconnu dans la démarche inventive. Dans une approche prosopographique, une enquête détaillée est menée afin de vérifier quels sont les contours précis de cet ensemble de brevetées. Quant au processus d’invisibilisation de leur travail, les motifs d’effacement de leur mémoire au fil du temps sont interrogés à travers un palier de rencontre entre les inventrices et factrices de piano en France de toutes les époques.
Quels sont les permanences et les évolutions dans les parcours de ces femmes ? Afin de mieux comprendre tous les enjeux sociaux qui se présentent, les domaines de l’histoire du piano, de l’organologie, des sciences et techniques, de la sociologie ainsi que des études de genre sont mobilisés. En blanc et noir, l’œuvre de Debussy pour deux pianos, inspire le titre de cette étude, faisant référence aux touches du piano mais aussi aux deux faces contrastées de l’inventrice : celle visible grâce notamment à son brevet d’invention et l’autre qui reste dans l’ombre, c’est-à-dire sa mémoire oubliée.

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