Eduardo del Pueyo est un pianiste d'origine espagnole surtout connu en tant que concertiste. Alors en pleine gloire, il décide de quitter la scène afin de s'isoler et de réfléchir sur son approche de l'instrument. Rapidement, il rencontre Jeanne Bosch van 's Gravemoer et s'initie à la méthode de Marie Jaell. En 1948, il est nommé professeur de piano au Conservatoire Royal de Bruxelles où il dispensera son enseignement jusqu'en 1976 et il est également professeur extraordinaire à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Eduardo del Pueyo reprend les principes de base de la pédagogie jaellienne comme les mouvements glissés, le glissé du doigt sur la touche. Pourtant, il pense que la méthode de Marie Jaell n'est que la base unique pour n'importe quelle méthode de travail pianistique et nullement une finalité et il essaie de concevoir une approche plus approfondie de l'instrument.
L'enjeu de cette thèse repose sur trois axes: ethnographique, didactique et expérimentale. En effet, il n'y a aucune publication concernant Eduardo del Pueyo en tant que pédagogue et l'application de sa méthode aux différents stades de l'enseignement. Aucune recherche n'a été effectuée sur son travail alors qu'il est précurseur en matière de pédagogie. Les élèves l'ayant côtoyés de son vivant sont actuellement soit en fin de carrière, soit retraités de l'enseignement. Sa pédagogie qui apporte un éclairage novateur et une approche beaucoup plus structurée risque de tomber dans l'oubli. Ce sujet de recherche a donc tout d'abord une dimension patrimoniale.
La connaissance et la diffusion de sa méthode contribueront à enrichir et actualiser l'approche pédagogique du piano, voir d'autres instruments. Eduardo del Pueyo poussera ses recherches beaucoup plus loin au niveau du travail de fond d'une œuvre : il met en place une révision du système de numération des doigts, il établit une méthodologie basée sur le travail par groupes rythmiques (organisation de la pensée musicale comparable à un mot épelé par syllabes, séquencé), sur le travail par groupes musculaires, ainsi que sur le travail en chaise basse (procédé de travail permettant une conscience totale des mouvements de chaque doigt ainsi qu'un mémorisation quasi définitive des œuvres).
La dimension expérimentale permettra d’étudier les relations de cause à effet entre différentes variables. Par la manipulation de ces dernières, par exemple: l’effet d'une numération différente, l'effet du travail par groupes rythmiques, groupes musculaires ou encore de la chaise basse. Elle permettra aussi d'étudier la mesure de ces effets (comme la précision des notes jouées ou de la mémorisation) ou des évaluations subjectives (comme la perception de la musicalité lors de l'interprétation) ainsi que le contrôle des variables externes (comme l'âge ou les spécificités des étudiants) afin de garantir que les résultats sont attribuables à la méthode del Pueyo en elle-même.
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Directeur·ice de thèse
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