L’équipe « Musique et sociétés » se donne pour projet d’explorer, dans une perspective interdisciplinaire, les interactions entre la musique et les structures sociales, culturelles, historiques, pédagogiques, institutionnelles et politiques des communautés humaines. Plusieurs approches disciplinaires proposent des regards complémentaires, pour rendre compte de la complexité du fait musical : l’histoire, qui explore les contextes du passé pour mieux comprendre le présent ; la sociologie, qui analyse les pratiques et les représentations au sein des groupes sociaux ; la didactique, qui examine les processus d’apprentissages dans leurs différentes conditions ; la biologie et les neurosciences, qui abordent les structures et fonctionnements cérébraux dans les mécanismes perceptifs et créatifs ; l’ethnomusicologie, pour étudier les musiques dans leur environnement culturel ; ou encore l’anthropologie, pour évaluer le rôle des musiques dans les rituels. 
L’équipe propose de structurer les différentes approches disciplinaires en cinq larges thématiques, qui ne recouvrent pas toutes les recherches de ses membres, mais se veulent des lieux privilégiés de dialogue. Elle organise aussi des séminaires transversaux ou spécialisés, et aspire être un espace d’accueil d’initiatives et de projets collectifs comme individuels. Il s’agit donc d’un lieu de recherche et de formation à la recherche, mais aussi d’un réservoir de ressources où l’expertise des membres est mise à disposition de toutes les personnes intéressées, au profit d’une communauté élargie.

Thématique 1 : Construction, transmission et circulation des savoirs et pratiques musicales 

La thématique permet d’interroger les conditions culturelles, historiques, sociales et didactiques de la musique, au croisement des savoirs, des pratiques et des représentations. Des expériences socialisatrices aux phénomènes de reconnaissance et de légitimation, des discours sur la musique et sa théorisation aux dispositifs et pratiques de médiation, d’enseignement et de formation, des processus créateurs et d’apprentissage à l’étude des rapports de pouvoir et d’autorité, un champ d’interactions complexes et multiformes s’ouvre à la recherche, nécessairement interdisciplinaire. Épistémologie, historiographie, histoire sociale, politique et culturelle, sociologie, psychologie, neurosciences, ethnologie et didactique entrent en dialogue pour analyser la circulation des personnes, des connaissances et des pratiques, la construction des savoirs et des représentations, leur transmission et leur appropriation.
Tout en permettant le développement autonome des champs d’études, il s’agit de favoriser le croisement des regards et un enrichissement réciproque des questions de recherche, notamment dans le cadre d’une approche comparatiste des phénomènes. Celle-ci peut se réaliser à travers l’étude de notions communes, par le partage de corpus communs, complémentaires ou transversaux, ou encore à partir de cadres théoriques relativement indépendants.

Thématique 2 : Genre et musique, Musiciennes (GeMM)

Tout ce qui concerne la musique est genré, et l’étude des musiciennes fait apparaître clairement ce phénomène. Production, réception, savoirs et pratiques portent la marque des représentations et des normes de genre, selon des modalités qui diffèrent selon les lieux, les milieux et les époques. La thématique s’intéresse aux musiciennes au sens large – compositrices, interprètes, mécènes, musicologues, théoriciennes, etc. – dans leur contexte historique et social, ainsi qu’à l’analyse et à la valorisation des répertoires composés et pratiqués par des femmes. Elle s’intéresse également aux constructions des normes de genre et à leurs métamorphoses, ce qui résiste, s’infléchit, évolue ou perdure, autant dans la pratique des musiciennes et des musiciens que dans les représentations sexuées des instruments, des répertoires, des apprentissages, des constructions théoriques et des catégories analytiques.

Thématique 3 : Musique et institutions

Le champ couvert par cette thématique  comprend, en France comme à l’étranger, les institutions musicales et celles qui, directement ou indirectement, ont une activité musicale, telles que les institutions religieuses. En voici quelques exemples : les théâtres (notamment lyriques) et les orchestres ; les associations, fédérations et syndicats ; les académies de concert, cénacles, confréries, etc. ; les chapitres cathédraux ; les collectivités territoriales et l’État ; les établissements d’enseignement (notamment écoles maternelles et élémentaires ou encore les conservatoires de musique).
Les approches disciplinaires sollicitées par cette thématique, y compris dans une perspective comparatiste, sont à la fois la musicologie (répertoires et création), l’histoire (religieuse, politique, sociale, économique, etc.), le droit (statut des artistes, statut des institutions, etc.), l’économie (modèles économiques des spectacles et des institutions), l’organisation (organisation administrative des territoires, gouvernance des institutions, structuration des organisations professionnelles, etc.).
Les nombreux enjeux de cette thématique dépassent le cadre strict des institutions et, étant souvent transversaux, ils ne manqueront pas de susciter des synergies avec d’autres thématiques abordées au sein de l’équipe : constitution et transmission des répertoires ; création musicale ; transmission des savoirs musicaux ; circulation des œuvres, carrière, emploi et circulation des interprètes ; paysage musical ; etc.

Thématique 4 : Musique, plaisir, soin, émotions

Depuis les philosophies antiques jusqu’aux recherches actuelles en neurosciences, depuis les discours sur l’éthos, les passions et le goût, jusqu’aux analyses des subjectivités de la perception, les effets de la musique sur les corps et les émotions ont fait l’objet d’explorations multiples, à la croisée de la médecine et de l’esthétique, des sciences expérimentales et des spiritualités.
Suscité et encadré par un contrôle social, nourri par les la mémoire et l’expérience individuelles, le plaisir musical se manifeste, chez qui produit la musique comme chez qui la reçoit, par des effets de bien-être, stimulants ou calmants, pouvant déboucher sur une véritable médiation thérapeutique. On pourrait citer les possessions et les thaumaturgies d’hier, les transes, les pratiques chamaniques, ou encore l’hypnose, la musicothérapie, la remédiation cognitive et la sonothérapie. La recherche d’une validation des pratiques oscille entre science et croyance, tout en faisant souvent appel aux usages mythiques de l’ethos sonore. La puissance de la musique comporte aussi son revers : disharmonie, douleur, contrainte des corps dans l’exercice virtuose, amusie, anhédonie, dérives sectaires et addictions, jusqu’à l’emploi de la musique comme une arme.
Autant de raisons pour étudier de près, dans une perspective pluridisciplinaire les effets de l’art musical sur les émotions et les discours le concernant.

Thématique 5 : Musique, rituels et religions

La thématique « Musique, rituels et religions » fédère les recherches portant sur l’interaction entre le fait musical et le fait religieux dans toutes ses composantes. Son périmètre invite à des approches diachroniques autant que synchroniques : musicologie historique, anthropologie et anthropologie historique, sociologie et sciences cognitives,  notamment. 
Cette thématique peut  se décliner en plusieurs lignes directrices : musique et rituel (formes et pratiques liturgiques, paraliturgiques et dévotionnelles, structuration musicale du rituel), musique et communauté (confréries, assemblées, communauté musicienne, autorités religieuses et musicales, institutions, etc.), musique et textes (élaboration de l'hymnographie, transmission, sources écrites et orales), musique et surnature (dans d'innombrables contextes, la musique a un lien direct avec la surnature ou le divin).

 

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