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Résumé du projet de thèse

Les exemples de diminutions écrits par Silvestro Ganassi dans sa Fontegara, publiée à Venise en 1535, représentent, dans le domaine des proportions et subdivisions, un sensible écart avec tous les autres exemples publiés en Italie au XVIe siècle. Dans les écoles vénitienne (Dalla Casa et Bassano), lombarde (les Rognonis),  napolitaine (Ortiz), tous les exemples de diminutions sont limités à deux proportions différentes, et les subdivisions rythmiques sont assez simples notamment par l’absence de syncopes dans le jeu mélodique. À l’inverse, l’écriture de Silvestro Ganassi joue avec quatre proportions différentes, notamment les proportions à cinq et à sept, et avec une grande diversité de subdivisons et des syncopes complexes. Cette écriture suggère une façon d’exprimer le « tempo rubato », qui était probablement une pratique courante à l’époque. Mais d’où vient et où va cette tradition de diminution ?
Cette thèse propose d’explorer l’hypothèse selon laquelle les modes d’ornementation et de diminution proposées par Silvestro Ganassi ne représenteraient pas le début d'une nouvelle tradition, mais la fin d'une autre, comme l'Ars Subtilior de Matteo da Perugia et de Paolo da Firenze. Si la publication de La Fontegara est éloignée temporellement de plusieurs dizaines d'années des dernières pièces, aujourd’hui connues, composées dans le style de l'Ars Subtilior, il est possible de rechercher un  fil conducteur entre ces deux traditions, si proches au niveau de la diversité et de la complexité des proportions et des subdivisions. Pour tenter de vérifier cette hypothèse, deux méthodes seront suivies : la première est une étude des sources théoriques et historiques dépouillées à Venise ; la deuxième est une analyse musicale comparative des œuvres du corpus établi.