L’intérêt de l’orchestre réside, entre autres, dans le caractère archétypique des relations entre chef•fe et musicien•ne•s, dont le fonctionnement extrêmement hiérarchisé expose les rapports de pouvoir qui régissent non seulement l’environnement professionnel de la musique dite classique, mais d’autres structures qui circonscrivent la réalité sociale qui nous entoure. Les comportements traditionnellement associés à la direction d’orchestre – dont la force, la puissance et l’autorité – étant historiquement associés au genre masculin, les femmes se retrouvent exclues du podium depuis des siècles. Notre thèse cherchera à étudier l’évolution de l’accès des femmes à la direction d'orchestre en essayant de saisir les répercussions des mesures qui se sont efforcées de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce domaine depuis les vingt dernières années, mais aussi de comprendre en quoi la pratique de la direction est-elle ou non en train de se transformer. Pour ceci, nous focaliserons notre regard sur les étapes qui précèdent l’exercice du métier, en analysant des programmes de formation à la direction d’orchestre et des actions volontaristes mises en place à travers le monde pour les cheffes en début de carrière – incluant entre autres, la création de concours de direction consacrés exclusivement aux femmes ou de dispositifs spécifiques de formation à leur intention. En se focalisant sur l’étude de dispositifs de formation et sur les processus de sélection, notre thèse apportera un nouveau regard par rapport à celui proposé dans des rares travaux autour des cheffes d’orchestre.