Parmi la littérature foisonnante sur les symphonies de G. Mahler, assez peu de travaux abordent l’analyse sous l’angle sémiologique et rhétorique. Pourtant, de nombreux éléments conduisent à penser que ses symphonies s’y prêtent particulièrement. Si l’objet d’étude reste le même, il est nécessaire de rappeler qu’en sémiologie plus encore que dans d’autres domaines de recherches, les choix épistémologiques déterminent les éclairages portes sur certains éléments. Ainsi, les travaux du Groupe μ et de J.-P. Bartoli offrent un cadre nouveau propres à faire émerger un nouvel éclairage sur les signes musicaux et la rhétorique musicale pour conduire vers une taxonomie des signes musicaux d’une part et des figures de rhétorique d’autre part. L’étude du corpus sous cet angle permettra de distinguer une norme locale chez G. Mahler et d’identifier les écarts à cette norme et, dans un second temps, de montrer comment cette classification participe à caractériser précisément ces signes en définissant les sous-unités qui les composent et les figures de rhétorique du second degré tel que l’humour et l’ironie. Partant d’une classification selon la nature sémiotique des signes, ce projet envisage d’aller plus loin dans la distinction entre les différents signes (topiques issus de la nature, stylistiques, icônes stylistiques, naturelles). Sur le plan rhétorique, l’objet est de trouver des catégories correspondantes aux quatre opérations fondamentales établies par le groupe µ permettant d'embrasser toute réalité musicale. La classification de ces opérations conduit à entrer dans l’identification des figures selon les outils élaborés par J.-P. Bartoli. Enfin, ces différents éléments aboutissent à une réflexion sur la signification des figures, sur la connotation, la dénotation et l’éthos.